Comme je vous l’expliquais dans un article précédent, je suis tombée depuis quelques mois dans les lectures parallèles concernant la grossesse et la maternité. Entendre par "parallèle" tout ce qu’on n’apprend pas aux médecins en formation en obstétrique et en pédiatrie. Bref, une montagne de choses, finalement !
C’est ainsi que j’ai découvert un univers tout à fait insoupçonné de moi. Même si la plupart des faits, au fond, on les sait au moins intuitivement, c’est une littérature qu’il est toujours agréable de découvrir. Eh oui, je me transforme en médecin grano, ça ne court pas les rues !
Ça commence par l’envie d’allaiter, en espérant y arriver mais sans se mettre trop de pression non plus.
Ça dérive facilement sur les couches lavables. Ce qu’il faut acheter, comment les laver, etc. Jusqu’ici, ça demeure assez factuel et surtout environnemental.
Mais quand on met le doigt dans l’engrenage, on tombe rapidement sur le portage de bébé en écharpe [1]. Au fond, instinctivement, on s’en doute que c’est bien pour les bébés et jeunes enfants de se faire porter. En tout cas, sûrement mieux que d’être déposés tout le temps dans des accessoires, même vibrants ou balançants. Après tout, nous sommes encore des primates ! La terre entière porte ses enfants, sauf les Occidentaux. Pour leur plus grand bien-être émotionnel, affectif, développemental et autres, nous disent les études. Mais avait-on vraiment besoin d’études pour s’en convaincre ?
De là, on a vite fait de découvrir les écrits sur le co-dodo. Attention, là, on s’approche de la controverse, la vraie. Dormir avec son/ses enfant(s) ? Mais c’est scandaleux ! En fait, quand on se penche un peu sur le sujet, on se rend compte qu’une majorité de gens l’a déjà fait, ou le fait même souvent, mais doit s’en défendre en public parce que c’est mal vu. (L’autonomie de l’enfant, ne pas le gâter, tout ça...) Dans son sens le plus large, le co-dodo peut être, en vrac : avoir le lit du bébé dans la chambre des parents (ce qui est maintenant recommandé par les instances pédiatriques jusqu’à 6 mois !), accoller le lit du bébé à celui des parents en enlevant la barrière, avoir le bébé dans son lit toute la nuit ou une partie de la nuit (après le boire, ou quand il se réveille, ou quand le bambin plus vieux s’y ajoute après un cauchemar...). C’est un concept assez large. Si on met tout ça ensemble, rares sont les parents qui peuvent se vanter de ne l’avoir vraiment jamais fait, peu importe ce qu’en disent les rapports de coroner. On remarquera que là encore, une majorité de la planète dort avec ses enfants sans que ça ne semble avoir des conséquences désastreuses sur la construction de leur identité !
Donc partant du principe que ça va forcément arriver même si on s’en défend (par exemple en s’endormant béatement avec le bébé, malgré soi), il vaut mieux le prévoir pour que ça se passe de manière sécuritaire. Après ça, il semblerait qu’il y ait certains avantages réels et démontrés au fait de partager la même chambre que le bébé, comme la synchronisation des rythmes du sommeil (qui serait bien moins épuisante pour toute le monde) et qui pourrait même être protectrice.
(Et encore, je je vous épargne certaines théories comme le langage des signes pour bébé ou, plus extrême, celle de la "communication des besoins"...)
Bref, l’idée est belle, reste à voir si on arrive à laver ses couches lavables, à l’attacher dans l’écharpe sans l’échapper par terre et sans lui démonter un membre, et à dormir dans la même pièce que cette bruyante boule de chair, aussi adorable soit-elle ;)
Sinon, il y a toujours ebay où on peut tout revendre en douce, la bonne vieille poussette bien rassurante pour aller faire des balades et la chambre du petit qui est prête à l’accueillir à n’importe quel moment du processus ! Il faut savoir être souple et s’adapter, quand on se trouve à la veille de devenir parents, après tout !
[1] L’écharpe présente deux avantages sur les porte-bébés commerciaux usuels : un confort prolongé incomparable, à ce qu’on dit, pour le porteur, et une position plus physiologique pour le bébé, "en grenouille", qui respecte la courbure de sa colonne et la forme de ses hanches tout en n’écrasant pas les organes génitaux. Son désavantage ? Apprendre à la nouer comme il faut !

L’écharpe, c’est pas si compliqué. Et pas besoin effectivement d’apprendre toute la gamme.
Et la souplesse : faire ce qui nous paraît bien pour l’ensemble de la famille au moment où on le sent, comme tu dis.
Nous on a assez peu gardé le berceau près de nous parce qu’on passait des nuits infernales (c’était un bébé au sommeil bruyant), mais ça c’était elle + nous !
Bref. Vivement que tu sois plongée dedans, ça paraît moins compliqué, en fait !
Haaaaaaa, le co-dodo. Nady m’avait fait lire des témoignages de mamans convaincues des bienfaits de dormir avec bébé. Sauf que ça prenait tellement des allures prosélytes que ça en devenait ridicule. Et quand j’ai découvert le terme co-dodo, c’était la cerise sur le gâteau, j’ai trouvé ça ultra cul-cul.
Du coup, dans les faits, qu’en est-il ? Le fait est que MinisLeAbO est allaité, et l’avoir sous la main la nuit, c’est quand même bien pratique donc il dormait dans son couffin, à côté de notre lit. Et quand il lui arrive de se réveiller, généralement, il finit la nuit avec nous, protégé sur son coussin d’allaitement. Depuis ce week end, on l’a mis dans sa chambre. Grâce à la technologie moderne (veille bébé), on l’entend encore mieux que si il était dans la pièce quand il pleure (genre il hurle direct dans ton oreille. Depuis, on a trouvé le réglage du volume sur l’appareil). S’il ne se rendort pas, Nady va le chercher (jusque là il s’est réveillé vers 3-4h du matin) et on le reprends avec nous.
Finalement, j’aime bien, quand je me réveille, voir notre mini-nous dormir paisiblement, faire ses mini-baillements et qu’il remue ses mini-mains... Je crois bien, finalement être adepte du co-dodo ;). Enfin, je ne prends que ce qui m’intéresse : ça n’a rien de systématique, d’abord. Et ensuite, ça marche parce qu’on a un bébé paisible et qui pleure peu...
Tout ce qui va autour de bébé donne lieu, comme pour beaucoup de choses, a des multitudes de pratiques et de convictions. À chaque fois, on arrive à trouver un convaincu, de la couche lavable par exemple, qui est tellement extrémiste dans ses propos que son discours est contre-productif pour la cause qu’il défend. Et puis sur un même thème, on entend tout et son contraire. Le portage des bébés, par exemple, d’un côté on nous dit que l’écharpe c’est génial, ça tient le bébé "en grenouille" et c’est très bon, et de l’autre "c’est pas très bon qu’ils soient trop en grenouille".
Du coup, on picore dans tout ça ce qui nous plaît, ce qui nous semble être du bon sens. On a l’écharpe ET la poussette parce que l’un et l’autre sont pratiques dans des cas différents. Enfin il faut bien reconnaître que nous avons la chance de pouvoir nous permettre d’avoir toute la panoplie. Parce que c’est amusant de voir comme les prix de tout ce qui est estampillé "baby" gonflent...
Bref, tu verras, on se pose nettement moins de questions une fois qu’on est parent
Merci pour vos témoignages :)
Effectivement nous avons surtout l’intention d’adopter les méthodes et pratiques qui seront agréables pour nous, dépendamment de "qui" sera notre bébé et de "qui" nous seront comme parents !!
Globalement je ne m’attends à rien faire de manière systématique ou extrémiste mais plutôt à varier au gré des moments...
Hihi, jusqu’ici je ne trouve pas qu’il y ait beaucoup d’effet hormonal sur mon humeur et mes réactions, Stéphane pourrait confirmer ça :)
Ceci dit effectivement il pourrait en être autrement en post-partum...
Mais je ne vois pas ce que ça a à voir avec le fait que je dépose ou non le petit dans une poussette ou un transat et pendant combien de temps je le fais, je vais devoir sortir les crocs et les griffes si on m’embête avec ça :-p
Je ne sais pas si tu as lu ce post que j’ai écrit il y a quelques jours, mais je parlais justement des "critiques" des autres sur les choix de vie qu’on peut faire... et Dieudeschats m’a envoyé ce lien vers une histoire absolument parfaite :) Petite histoire facile à raconter si on ose critiquer vos choix !
http://journaldunkorrigan.free.fr/blog/index.php/2006/09/30/108-djeha-hoja-nasreddin-son-fils-et-lane
Oui je l’ai lu, d’ailleurs j’essaie de t’y laisser un commentaire et ça ne semble pas fonctionner ! :)
Merci pour le lien, il est super !
On a souvent pratiqué le co-dodo, surtout quand notre fille était très petite (maintenant elle est grande : elle a 3 mois et demi ! ;-) ) Le contact peau à peau la calmait et lui permettait de bien dormir.
Pire, je dois avouer que les parents indignes que nous sommes la laissons dormir sur le ventre. Depuis qu’elle a un mois il est tout simplement impossible de la faire dormir autrement, alors oui, j’ai honte, mais c’est la seule solution... On a tout de même éliminé tous les facteurs de risque (non-fumeurs, matelas rigide, pas de peluches dans le lit, etc)
Le lit de bébé est dans la chambre, le défaut c’est qu’on l’entend chaque fois qu’elle bouge, l’avantage c’est qu’on a pas besoin de se réveiller complètement pour la rassurer ou ajuster sa couverture. Et elle a bien compris qu’elle n’a pas besoin de hurler à pleins poumons, un petit cri et papa et maman sont là.
Pour le portage, il y a aussi les modèles chinois (p.ex chinado) qui sont bien pour les enfants un peu plus grands (4 mois et +)
| www.flickr.com |
Le 11/06/2008
à 02h05
Pour m’en servir le plus possible, je n’ai appris qu’un pliage possible, je me suis entrainée avec une poupée. Et nous en avons largement profiter de cette écharpe. Le bonheur de le sentir dormir contre toi quand tu te ballades. Ici au Chili, il y a encore très peu de poussettes, les mères portent les petits jusqu’à très tard. Et tout va bien.
Maxou a dormi avec un mois tout le premier mois. Bien calés dans le lit pour ne pas tomber. En fait il s’endormait en crapaud sur moi et n’a jamais bougé ni glissé. Il a rejoint son lit quand il est devenu trop lourd. Éloïse aussi a dormi avec nous au moins les trois semaines mais nous le faisions en cachette après avoir pris les commentaires négatifs de toute la famille et du personnel médical. Si j’avais un troisième enfant, je ne me poserai même pas la question, il dormirait avec nous au moins les premiers mois. c’était mieux pour tout le monde.